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STAR WARS

An - 8

JAMAIS JE NE T'OUBLIERAI


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Droits de publication accordés au site Anakin's Homepage - janvier 2005

Un enfant âgé d’environ huit ans, tout au plus, courait dans les plaines de Tatooine. Il avait les cheveux blonds, les yeux bruns et un joyeux sourire sur le visage. Sourire qui s’évanouit quelque peu quand il entendit son oncle l’apostropher.
- Luke ! cria Owen Lars
- Oui, oncle Owen ?
- Viens par là !
Luke Skywalker pressa l’allure et rejoignit son oncle.
- Que me veux-tu, oncle Owen ? demanda-t-il
- Luke, je voudrais que tu ailles vendre cette unité R2. Il nous en faudra une autre, l’argent que tu gagneras nous permettra de l’acheter. Mais attention, n’accepte pas un prix plus bas que ce qu’il vaut !
- Mais oncle Owen, protesta l’enfant, tu m’avais dit qu’une fois mon travail fini je pourrai aller jouer...
- Tu t’amuseras plus tard. Luke, j’ai vraiment besoin que tu fasses cette course. Ça ne te prendra que peu de temps ! Allez, vas-y.
- Mais oncle Owen... commença Luke qui marqua une pause en voyant Owen partir au loin. Il reprit cependant plus pour lui-même que pour quelqu’un d’autre
- Elle va m’attendre.

- Tu le vends combien, cet astro-droïde ? demanda un gamorréen
- Au moins mille, répondit Luke.
- Mille ! Il n’en vaut pas cinq cents !
- Vous ne le prenez pas ?
- Tu rêves, gamin !
- Alors salut, dit Luke en faisant mine de s’en aller.
- Attends, attends ! l’arrêta le gamorréen. Je t’en donne huit cents.
- Mille, refusa Luke.
- Neuf cents ? tenta l’autre.
- Mille, s’obstina le garçon.
- Bon, d’accord, mille ! céda-t-il. Mais tu fais une affaire.
Luke empocha l’argent en répugnant à toucher la main du gamoréen.
« On trouve décidément toutes sortes de créatures au marché de Mos Eisley, pensa-t-il. Et ces créatures ne sont pas toujours charmantes... »
Il rentra chez lui au pas de course. Il donna les sous à son oncle (tu vois, c’était pas si terrible !) et ressortit de la ferme.
- Luke ?
L’enfant se retourna et vit sa tante sur le pas de la porte.
- Où vas-tu ?
Luke s’approcha d’elle et lui murmura
- Je vais voir ma copine !
- Amuse-toi, bonhomme.
Il l’embrassa et partit en courant.

Il atteignit une dune déserte et s’arrêta. Il balaya le paysage des yeux, cherchant quelque chose. Ou quelqu’un.
- Où es-tu... murmura-t-il
Soudain, comme poussé par un pressentiment, il se retourna.
- Nérya ! s’exclama-t-il, tout sourire. Tu m’as pas eu !
Devant lui se tenait une jeune fille d’environ quatorze ans. Elle avait les cheveux de la même couleur que le garçon et arborait un sourire encore plus grand que lui (si c’était possible).
- Salut, Lukos. Ça va ? Je t’attendais.
- Ouais. Oncle Owen m’a fait vendre E5 R2, c’est pour ça que je suis en retard. Demain, tu peux être sûre que je devrais acheter un autre droïde.
Tous deux s’assirent par terre et regardèrent le désert.
- On fait quoi, aujourd’hui ? demanda enfin Luke.
- J’aurais voulu t’emmener piloter mon speeder mais tu n’as pas le droit de prendre les commandes... Il faut avoir dix ans au moins...
Luke prit un air offensé
- Alors tu m’empêcherais de le faire simplement parce que je suis trop petit ?
Nérya croisa le regard du garçon et lui fit un clin d’œil d’un air complice.
- C’est interdit ? Raison de plus pour le faire !

Le speeder de Nérya était garé quelques mètres plus loin. Dès qu’il le vit, Luke s’empressa de s’asseoir sur le siège et de prendre les commandes.
- Attends ! l’arrêta Nérya. Elle s’installa avec hâte derrière lui.
- Il faut que je t’explique...
Elle n’avait pas fini sa phrase que Luke poussait déjà les manettes. Le speeder fila à toute allure dans le désert de Tatooïne.
- Luke ? fit Nérya d’une voix mal assurée. Tu sais, les mots « ralentir » et « freiner », ça existe ! C’est pas pour rien !
- Je croyais que tu aimais quand ça va vite !
- Oui, mais être sur un speeder qui fonce derrière un enfant de huit ans qui le commande, c’est pas la même chose que mettre la gomme quand ce n’est pas un gamin qui le dirige ! Si ça ne te déranges pas, j’aimerais que tu ralentisses !
- C’est pas drôle, dit Luke, résigné, en appuyant sur un bouton.
- Tu pilotes bien, le félicita Nérya. Je ne savais pas que tu avais déjà piloté un engin...
- Non, dit Luke. C’est la première fois.
Nérya en resta bouche bée.
- Et comment tu sais quelle commande correspond à quelle action ?
- Je t’ai vu faire.
- Ah.

Luke semblait aux anges aux commandes du speeder, il était si à l’aise que son amie eut une idée
- Qu’est-ce que tu dirais d’aller en ville ?
- En ville ? Génial ! s’enthousiasma Luke.
- Mais je te préviens tout de suite : c’est dangereux. Les rues de Mos Eisley sont étroites, il y a plein de monde et surtout les autorités. Il ne faut surtout pas qu’elles te voient sur ce speeder.
- De toute manière tu as ton blaster...
- Bien sûr, mais n’imagines pas que je vais tirer sur des soldats... Enfin, pas dans une rue pleine de monde.
- Bon, alors, récapitula le garçon, je dois foncer pour ne pas qu’on nous arrête mais je ne dois pas foncer parce que c’est dangereux... Pourquoi pas ?

- Wouhou ! cria Luke en effectuant un slalom entre les passant. Génial !
- Fais attention, quand même, dit précipitamment Nérya.
- T’en fais pas je contrôle la situation !
Il prit un visage en épingle à cheveux et adressa un signe de la main à un passant.
- Tu le connais ? lui demanda Nérya.
- Non, répondit Luke.
Son visage prit soudain une expression de terreur et il fit demi-tour à toute vitesse.
- Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? s’affola Nérya. On dirait que tu as vu un revenant !
- Non, c’est pire encore, dit Luke tout tremblant en descendant du speeder. C’était... Oncle Owen. Il va me gronder s’il m’a vu... et m’interdire de revenir te voir.
- Dépêche-toi de rentrer, Lukos.

Luke arriva chez lui essoufflé. Il courut jusqu’à sa chambre en espérant que son oncle ne l’avait pas vu. Il inspira lentement pour retrouver une respiration normale et attendit. Une fois les battements de son cœur ralentis, il se dirigea vers la cuisine où s’affairait sa tante.
- Tante Béru ? demanda-t-il timidement. Où est oncle Owen ?
- Il est allé en ville, il reviendra dans une demi-heure, je pense. Pourquoi me demandes-tu cela ?
- Non, pour rien.
- Tu es tout rouge. Tu as couru ?
- Oui, beaucoup.
- A quoi vous avez joué, avec ton amie ?
- On a fait un truc trop cool ! Je suis monté sur son...
Il s’interrompit, réalisant qu’il allait trop parlé.
- Je suis monté sur son dos et elle a couru, c’était drôle.
Sa tante le regarda d’un air sceptique. Luke adopta une expression qu’il voulait convaincante et retourna dans sa chambre. Béru le suivit des yeux puis retourna à sa cuisine en murmurant
- Si tu le dis...

- Luke ? appela Béru. Luke, viens manger !
- J’arrive ! répondit l’enfant en dévalant l’escalier.
Il s’assit à table et regarda avec appétit le plat que sa tante apportait. Il dévora le contenu de sa première assiette sous l’œil amusé de Béru.
- Tu t’es dépensé, cet après-midi, remarqua-t-elle.
Luke leva les yeux vers elle.
- Tu manges encore plus que d’habitude ! expliqua-t-elle.
Son neveu sourit et se remit à manger avec enthousiasme. Il se figea cependant quand il entendit des pas dans la cour.
- Bonsoir ! lança Owen en pénétrant dans la cuisine.
Il embrassa sa femme et prit place à table.
- Des nouvelles ? demanda-t-elle.
- Il y a eu un scandale en ville tout à l’heure.
- Un scandale ? répéta Béru en le servant.
- Un jeune enfant a traversé la ville aux commandes d’un speeder à vive allure, dit le fermier. Une adolescente était derrière lui, les autorités la recherchent. Ainsi que l’enfant, ajouta-t-il.
Tout en parlant, il jetait des regards en coin à Luke dont le visage était devenu aussi blanc que le marbre.
- S’ils la retrouvent... Je n’envie pas son sort.
- Et au garçon ? demanda Béru. S’il est aussi petit que tu le prétends, ils ne lui feront pas de mal...
Elle avait remarqué que Luke semblait extrêmement tendu mais pensait que la cause était de savoir qu’un enfant de son âge risquait de graves ennuis.
- Je ne sais pas. Mais sa famille va sûrement avoir des problèmes.
Ils se remirent à manger en silence. Plus personne ne parla pendant plusieurs minutes qui furent insupportables à Luke. Il se demandait si son oncle allait annoncer qu’il avait vu le speeder... Il espérait qu’il tairait ce sujet ; il avait peur de ne pas pouvoir leur mentir.
- Luke ?
Le garçon releva la tête trop brusquement en entendant son nom. Il regarda son oncle qui le dévisageait.
- Luke, si tu sais... enfin, si tu connais, ou tu crois connaître ces gens, il faut nous le dire...
Luke secoua la tête en signe de négation et dirigea son regard vers son assiette.
- Tu sais Luke, on ne te fera rien si tu nous dis que tu les connais...
Luke ne répondit rien. « Ne pas le regarder, pensa-t-il. Surtout ne pas le regarder... »
- Et même si c’est toi, il faut le dire...
Béru observa successivement son mari et son neveu d’un air d’incompréhension.
-  On te protègera....
Luke sentit son visage devenir cramoisi.
- Bon, si tu ne veux pas parler... Tu veux manger autre chose ?
- Non merci, répondit le garçon avec une voix dont il essayait en vain de contrôler les tremblements.
- Alors file te coucher. Il est tard.

Le lendemain, dès qu’il en eut la permission, Luke courut hors de sa maison. Il s’assit sur le sable et attendit.
- Viens... murmurait-il. Viens... s’il te plaît...
Mais Nérya ne vint pas ce jour-là. Luke rentra chez lui en luttant contre les larmes. Béru l’attendait dans la cour.
- Luke... Luke, viens me voir. Qu’est-ce qu’il se passe ?
Luke ne pu retenir ses larmes plus longtemps et se blottit contre sa tante en pleurant de tout son saoul.
- Dis-moi, Luke. Pourquoi es-tu triste ?
Devant le silence de son neveu, Béru n’insista pas davantage. Elle porta l’enfant dans ses bras et l’emmena dans sa chambre. Elle le déposa sur son lit en l’embrassant tendrement.
- Repose-toi, mon Luke.
Elle ferma doucement la porte et se dirigea vers la cuisine mais changea de direction. Elle sortit de la maison et alla vers les champs où s’activait son mari.
- Owen ? demanda-t-elle en s’approchant. Pourquoi as-tu tourmenté Luke, hier soir ?
- C’est un reproche ?
- Non. Mais ce que tu as dit l’a profondément perturbé. Je voudrais savoir pourquoi tu lui as dit ça !
Owen soupira et posa une main sur l’épaule de sa femme.
- J’ai vu ce speeder, expliqua-t-il. Enfin, je l’ai aperçu. Dès qu’il est arrivé dans ma direction, le pilote a brusquement fait demi-tour... Je crois que c’était Luke.
- Pardon ? s’ébahit Béru. Mais non, c’est impossible...
- Je te dis ce que j’ai vu, se défendit Owen. Ou ce que j’ai cru voir.
Béru le suivit des yeux, pensive, pendant qu’il retournait à sa moisson.

- Tante Béru ? cria la voix enfantine de Luke. Je peux aller jouer ?
Il fit irruption dans la cuisine.
- Ton oncle est d’accord ?
- Oui, il m’a dit d’aller te demander.
- Je n’y vois pas d’inconvénient. Vas-y, mais surtout sois prudent et ne fais pas de bêtises !
Luke remercia sa tante et courut loin de sa maison. Il arriva à l’endroit où il avait l’habitude de rencontrer Nérya et patienta, confiant.
- Elle va venir, se répétait-il, elle va venir. Elle ne m’a jamais laissé tout seul, elle va venir...
«  Hier tu l’as attendu, disait une voix dans sa tête. Et personne n’est arrivé. »
- Non, fit le garçon. Cette fois elle sera là.
Il avait pourtant la désagréable impression que son amie avait des ennuis. Sinon, pourquoi resterait-elle chez elle au lieu de venir le voir ? Pourquoi l’abandonnerait-elle au moment où il avait tant envie de l’apercevoir vivante ? La confiance de Luke le quittait.
- Nérya... murmurait-il, fais moi au moins un signe... Dis-moi juste que tu es vivante...
- Luke ! appela une voix au loin. Luke !
L’enfant se retourna, sentant naître en lui un espoir qu’il n’avait encore jamais ressentit.
- Nérya ! s’exclama-t-il.
Il courut se jeter dans ses bras.
- Mon Lukos... Tu m’as manqué.
Elle se dégagea de l’étreinte du garçon  et s’assit sur le sable chaud.
- Je ne peux pas rester longtemps, dit-elle.
Luke hocha la tête en prenant place à côté d’elle. Nérya le regarda puis détourna les yeux.
- Luke... Je suis venue te dire adieu.
Le garçon sursauta.
- Comment ?
- Tu dois comprendre, ils m’ont retrouvée. Si je ne pars pas, ils vont savoir que c’est toi qui étais avec moi, et je ne me pardonnerai jamais s’il t’arrivait du mal par ma faute.
- Nérya...
Luke enlaça son amie. Il ne comprenait pas.
- Ne pars pas.
- Je n’ai pas le choix, Lukos. Et puis il n’y a pas que pour cette raison... Je ne t’ai jamais parlé de mes parents. Je n’ai pas connu ma mère, elle est morte après ma naissance. Mon père a été fou de douleur et a dépensé tout l’argent que nous avions pour boire. Quand le choc de la perte de ma mère est passé, il s’est ressaisi et a juré de s’occuper de moi... Mais on n’avait plus d’argent. Alors il est devenu chasseur de primes, acceptant mission sur mission pour gagner de quoi me nourrir, se faisant ennemi sur ennemi en tuant des hommes. Et il n’y a pas longtemps, il a assassiné quelqu’un qui a juré de se venger. Depuis ce temps nous le fuyons, mais il nous a retrouvé. Nous partons cette nuit.
Elle soupira et se releva.
- Je me suis habituée à changer de milieu de vie, mais pas à oublier mes amis.
Nérya embrassa une dernière fois les joues baignées de larmes de Luke.
- Tu es le plus merveilleux petit garçon que j’aie jamais rencontré. Jamais je ne t’oublierai.
Sur ce, elle partit, laissant Luke tout seul face à son chagrin. L’enfant la suivit des yeux jusqu’à ce que sa silhouette disparaisse de son champ de vue.

Béru rejoignit Luke dans sa chambre
- Elle est partie, lui dit Luke en regardant le ciel à travers sa fenêtre. Je ne la reverrai plus.
Béru acquiesça. Elle avait compris qu’il parlait de Nérya.
- Tu sais, c’était moi sur le speeder, avoua-t-il après un moment de silence. Avec elle. Mais maintenant nous sommes en sécurité, personne ne nous cherchera plus. Je le sais.
- Si tu en es si convaincu, je te crois, dit Béru.
Elle déposa un baiser sur le front de son neveu et sortit. Luke continuait à fixer le ciel. Il repéra une étoile qui brillait plus que les autres et sourit. La même étincelle rayonnait dans les yeux de Nérya quand elle riait.
- Moi non plus, je ne t’oublierai pas.

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